05.04.2006

Troubles du comportement, le rapport de l'Inserm en question

Dans Libération du 5 avril 2006, Alain Ehrenberg avec un article intitulé «Santé mentale, trouble de l’évaluation» intervient dans le débat suscité par les rapports de l’Inserm et notamment le dernier «Trouble des conduites».

Indiquant intervenir en tant que sociologue et spécialiste des questions de santé mentale, il remarque en préambule l’absence du point de vue des sciences sociales en questionnant « Les sciences sociales sont-elles une cerise sur le gâteau de la recherche en santé publique ? ». Après avoir rappelé le point d’accord « tout commence très tôt chez les enfants et qu’il convient donc d’agir en conséquence » il souligne que « ce sont les manières de penser et d’agir qui diffèrent » et développe en cinq remarques ce que l’Inserm n’a pas compris.

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03.03.2006

Edgar Morin, la potentialité de fraternité sommeille en nous. Comment la réveiller ? C’est une autre histoire...

Allez lire l’entretien d’Edgar Morin dans Télérama «l’aspect euphorique des Lumières est en crise». Le «braconnier des savoirs» comme il se définit lui-même est interrogé sur l’héritage des Lumières, les temps modernes, le progrès, la raison, … Souvent difficile il m’est apparu très clair et facile d’accès dans ses réponses qui ne sont pas des solutions mais plus des constats sur le monde tel qu’il est, et des interrogations sur son devenir. Les débats politiques actuels submergés par le «pragmatisme» fait souvent perdre de vue les fondamentaux de notre humanité Les phrases sont «choc», en voici quelques citations.

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23.01.2006

Connaissez-vous le TOP, trouble oppositionnel avec provocation ?

Ce n’est pas de l’actualité « fraîche » puisque cela est paru dans le rapport d’experts de l’INSERM de septembre 2005,. Ce « nouveau » syndrome : le TOP interpelle le citoyen autant que le professionnel de l’accompagnement, surtout lorsque par exemple je rencontre une mère de famille d’accueil qui, me parlant d’un jeune apprenti accompagné, me dit au détours d’une conversation tournant autour de ses inquiétudes face à son comportement : « je n’ai pas voulu qu’il prenne des médicaments, car il ne serait plus lui-même ».

N’ayant pas de compétences particulières dans le domaine médical je ne peux qu’opposer un trouble, un doute, … En fait une profonde inquiétude lorsque je lis ce rapport intitulé « Trouble des conduites chez l’enfant et l’adolescent » dont voici un extrait.

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30.12.2005

Echec, handicap, exclusion, nous sommes « irresponsables »

Deux articles de Libération m’offrent l’occasion d’exprimer des vœux qui, je l’espère, ne seront pas pieux.

«Ecole : la sauvegarde d’un moule» par Emmanuel Davidenkoff relève, bien qu’il ne l’exprime pas ainsi, que dans un système basé sur la compétition il y aura toujours des perdants quelque soit les aides apportées avant la ligne de départ et même pendant le déroulement de l’épreuve. (le blog d'Emmanuel Davidenkof sur l'éducation)

«Enfants «handicapés» sous clé» par André Agard-Maréchal, souligne les incohérences dans la gestion des perdants, et relève que la «raison» ne peut être qu’aveugle pour penser qu’il existe une frontière «naturelle» entre ceux qui ont «démérité» et ceux qui ne sont pas faits pour ça.

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24.12.2005

Apprentissage à 14 ans, une citation de Marguerite Yourcenar malmenée

 

Ouest France un point de vue
Le quotidien Ouest France a publié le jeudi 22 décembre, un « point de vue » en couverture : « Apprentissage à 14 ans ? Non, mais … » de Pascal Pellan, secrétaire général de la chambre des métiers des Côtes d’Armor.

L’auteur de ce texte est contre l’apprentissage à 14 ans, « Le débat a suscité de nombreuses prises de position, souvent passionnées. Alors faut-il être pour ou contre l’apprentissage à 14 ans ? La réponse est sans conteste non. ». Par son « mais » cherche-t-il à renvoyer « la balle » à l’école en générale en adaptant librement une citation de Marguerite Yourcenar cité en exergue du rapport « Pour la réussite de tous les élèves » communément appelé rapport Thélot (rapport de la Commission du débat national sur l’avenir de l’Ecole présidée par Claude Thélot) ? Même si ce sujet est d’actualité et me passionne ce n’est pas l’objet de ce billet, je m’étonne simplement qu’il n’ait pas cité le texte exacte par respect pour l’auteur et ses lecteurs.

Le texte de Pascal Pellan
« Dans une formule connue, Marguerite Yourcenar disait que l’école s’acharne parfois à développer chez les jeunes des qualités qu’ils n’ont pas et à négliger celles qu’ils ont. »

Le texte de Marguerite Yourcenar extrait des « Mémoires d’Hadrien »

« Il y a peu d’hommes auxquels on ne puisse apprendre convenablement quelque chose. Notre grande erreur est d’essayer d’obtenir de chacun en particulier les vertus qu’il n’a pas, et de négliger de cultiver celles qu’il possède. »

 

 

 

 




18.12.2005

Inégalités sociales : une société autiste

La société ne voit pas ces gosses violents

Sous le titre le journal Ouest France, en page Bretagne de son édition du 15 décembre relate quelques témoignages d’éducateurs exprimés lors des assises nationales des foyers de l’enfance à Saint Brieuc. En attendant de trouver des comptes-rendus plus complets de ces assises, il est déjà intéressant d’écouter ce que disent des professionnels qui s’inquiètent. « On est un parking social. Quand ces enfants sont chez nous, la société ne les voit pas. »

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17.12.2005

Le SMS un outil pour réduire les situations de handicap

Dans un article de Libération « Comment le SMS a changé la communication des sourds » Gilles Wallon présente cet outil comme une révolution pour les sourds qui peuvent ainsi communiquer avec les «entendants» sans êtres stigmatisés. Il serait intéressant d’étudier également son impact sur les jeunes en grand échec scolaire. L’expérience quotidienne de l’apprentissage accompagné permet d’observer que même ceux qui sont étiquetés non-lecteur et ayant une écriture plus qu’approximative voir carrément illisible utilisent avec passion cet outil. Il me semble que l’écriture phonétique les décomplexe et leur permet de passer outre les blocages dus à des années de remarques face au moindre de leur écrit (orthographe, grammaire, …).

La pratique quotidienne du SMS paraît pouvoir dans ces cas être un déclencheur pour un nouveau plaisir à pratiquer la lecture et l’écriture. Il reste à trouver des passerelles permettant de faire un nouveau lien avec un écrit plus traditionnel, la patience, la progressivité devraient pouvoir accompagner la transition à la condition express de ne pas éteindre le plaisir retrouvé.


27.11.2005

Liberté Égalité Fraternité = une ébauche non aboutie

Le quotidien Libération dans son édition du 21 novembre 2005 donne la parole (ici) à quatre personnes présentées comme «quatre universitaires et essayistes réputés pour l’acuité de leur regard sur les fractures de la société». Les propos ont été recueillis lors d’une table ronde, organisée le 14 novembre «Jean-Pierre Le Goff, Eric Maurin, Pierre Rosanvallon et Emmanuel Todd se livrent à une confrontation qui s'enrichit de leurs approches plurielles d'une question qui les préoccupe tous : la crise du modèle républicain. Le débat est animé par Eric Aeschimann et Jean-Michel Helvig.»

Petite synthèse partiale, limitée et axée, de leurs propos

Globalement la responsabilité est avant tout celle des «élites» mais avec deux visions réellement antinomiques. Pour trois d’entres eux le «mal français» est avant tout un mauvais management : les symboles abstraits de la république, notamment celui d’égalité est mal compris ; les «classes intermédiaires» ont soit disparue soit ne jouent plus leur rôle d’encadrement de la base ; il faut rétablir l’ordre naturel, supprimons le concept d’égalité et tout rentrera dans l’ordre comme nos voisins savent si bien le faire. Emmanuel Todd n’est pas sur la même ligne, il y a une la bonne transmission des valeurs fondamentales de la République et c’est de la distorsion entre ses valeurs et la réalité vécue que vient le problème. Le modèle est bon, mais il n’est plus défendu par des élites qui, trouvant leur place dans le dogme libéral mondialiste, rêvent «de se débarrasser de la culture française».

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21.11.2005

Citation Baudrillard : "Nique ta mère !"

Dans Libération, Jean Baudrillard fait la liaison entre la «révolte des banlieue» et le non au référendum sur l'Europe. Le pamphlet est réducteur, mais il touche juste, à méditer... : «Voitures brûlées et non au référendum sont les phases d'une même révolte encore inachevée.»

«La culture occidentale ne se maintient que du désir du reste du monde d'y accéder. Quand apparaît le moindre signe de refus, le moindre retrait de désir, non seulement elle perd toute supériorité, mais elle perd toute séduction à ses propres yeux. Or, c'est précisément tout ce qu'elle a à offrir de «mieux», les voitures, les écoles, les centres commerciaux, qui sont incendiés et mis à sac. Les maternelles ! Justement tout ce par quoi on aimerait les intégrer, les materner !... «Nique ta mère», c'est au fond leur slogan. Et plus on tentera de les materner, plus ils niqueront leur mère. Nous ferions bien de revoir notre psychologie humanitaire.»


12.10.2005

Courrier de l'UNESCO (2000) «Nouvelle-Zélande : les exclus de l'école néo-libérale»

medium_exclus_ecole_neo-liberale.gifL’actualité inspire le plus souvent la prose des blogs, mais parfois le hasard d’une recherche fait découvrir un article intéressant même après le passage des années. C’est le cas de cet article du Courrier de l’UNESCO du mois de novembre 2000 : dans un dossier intitulé «Education : un marché de 2 000 milliards de dollars», on trouve cet article «Nouvelle-Zélande : les exclus de l’école néo-libérale». Les auteurs ne sont pas totalement négatifs sur cette expérience «de rupture» de système d’éducation, mais ils constatent que les plus défavorisés sont encore les grands perdants de ce changement.

«En 1998, les hauts fonctionnaires du ministère admettent que les lois du marché sont inapplicables à un quart au moins des écoles.»

Ce sujet me paraît être parfaitement d’actualité chez nous, ce dossier doit être consulté par ceux (s’ils ne l’ont déjà fait) qui rêvent d’une libéralisation de l'éducation (ici , ici, ou la, )

«La décennie de réformes néo-libérales que vient de traverser le pays montre qu’il n’existe pas de solution miracle pour l’éducation. En Nouvelle-Zélande, la bonne stratégie consiste aujourd’hui à préserver les avantages de l’autonomie et de la concurrence tout en minimisant leurs conséquences négatives par l’adoption de mesures de protection appropriées.»

L’expérience que j’essaie de décrire sur ce blog peut être un élément de réflexion pour la mise en place de mesures périphériques permettant la compréhension et la compensation nécessaires des situations de handicap à mettre en place pour réduire les phénomènes d’exclusions.


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