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27.07.2005

Les inégalités sociales facteur de production du « handicap »

Enquêtes « Handicaps, Incapacités, Dépendance » (HID)

Cette série d'enquêtes réalisée par l'INSEE (1998/2002) apporte des informations intéressantes concernant notre objet. Je me suis intéressé pour ce billet à un article de Pierre Morniche et Jean-François Ravaud "santé et handicaps, causes et conséquences d'inégalité sociales" qui commentent en termes d'inégalités sociales les résultats de l'enquête HID (in Comprendre les inégalités, PUF, 2003).


La santé est à la fois organique et sociale

Le premier point important est le constat que la santé ne relève pas d'équilibres naturels, la nature de la santé serait à la fois organique et sociale. Après avoir montré que l'on n'est pas tous égaux devant la mort et devant la maladie, ils indiquent «qu’on l’est encore moins devant le handicap». Il est difficile de différencier causes et conséquences «les handicaps ont des conséquences négatives sur la trajectoire sociale des individus et à l'inverse la situation sociale des individus a des conséquences sur leur trajectoire de santé». Le constat que font les auteurs est une réponse à mes interrogations, «les écarts entre milieux socioprofessionnels sont importants dès le stade des déficiences physiques ou mentales, et se creusent quand on passe aux incapacités, puis aux désavantages. On se rapproche de la dimension sociale, l’écart entre les groupes ouvrier et cadre s’accroît». Pour les auteurs, l’inégalité sociale cumule donc ses effets à chacune des étapes du processus de production du handicap.

A déficience « égale » situation de handicap inégale

Ils repèrent des différences majeures dans la prise en charge institutionnelle. La proportion d’enfants ou adolescents hébergés dans des établissements pour enfants handicapés est sept fois plus importante dans le milieu ouvrier que dans les familles de cadres et professions intellectuelles supérieures ! La présence plus nombreuse d’adolescents et d’hommes à handicap relativement modéré dans les établissements indique probablement une plus grande difficulté d’insertion sociale, familiale ou professionnelle. Les auteurs précisent que cela «ne revient pas, bien sûr, à nier la dimension proprement biologique des déficiences mais à la relativiser».
Des implications pour l'accompagnement des apprentis

N’ayant pas étudié de manière rigoureuse l’origine sociale des apprentis accompagnés, nous pouvons seulement dire qu’il se dégage de nos visites dans les familles, qu’une grande majorité des jeunes suivis sont issus d’un milieu modeste voir pauvre, ce qui serait conforme à ce que nous venons de voir et pourrait relativiser la déficience «organique» des jeunes qui réussissent.

Ne pouvant développer ce sujet ici, nous nous limiterons à une interrogation, quelles peuvent être les conséquences «médicales» d’une exclusion scolaire dès le plus jeune âge ?

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