13.09.2005

Apprentissage accompagné (10) : pour quelle insertion ?

Suite de la série de billets sur lle dispositif apprentissage accompagné GRAFIC Bretagne (SOMMAIRE).


Les chiffres et indications sont extraits du document :
bilan 2004-2005 GRAFIC Bretagne.


L’enquête IROISE
Que deviennent les apprentis, après leur contrat d’apprentissage, lors de leur arrivée sur le marché du travail ? C’est pour répondre à cette question que, à la demande de la Région Bretagne et en concertation avec les Services de l’Etat, l’enquête IROISE a été développée par l’OREF de Bretagne. Après avoir quitté les Centres de Formation d’apprentis (CFA), les jeunes sont interrogés au bout de 6, 12 et 18 mois pour connaître leur situation sous la forme de trajectoires, d’itinéraires d’insertion individuels.

Les apprentis reconnus travailleurs handicapés dans l’enquête IROISE
A partir de cette enquête, un zoom particulier a pu être réalisé par le GREF Bretagne sur l’insertion des apprentis reconnus travailleurs handicapés. Les résultats portent sur une population de 82 apprentis reconnus travailleurs handicapés sortis des CFA de Bretagne en 2003. 73% d’entre eux ont été retrouvés.

Il est important de rappeler que les déficiences à l’origine de la reconnaissance TH ne sont pas repérables, mais que la situation de handicap est pour la grande majorité de ces apprentis caractérisé par un très grand retard scolaire et qu’il n’y a qu’une infime minorité de déficience physique. Se reporter aux différents billets sur l’apprentissage accompagné en Bretagne.
Le taux en italique est celui de l’ensemble des jeunes de l’enquête IROISE.

Caractéristiques des apprentis reconnus travailleurs handicapés (TH)
• 79% sont des garçons (72%)
• 100% sont formés intégralement au niveau V (67%)
• 52% ont obtenu leur diplôme (65%)
• 6% enchaînent avec un autre contrat d’apprentissage (41%)
• 94% entrent directement sur le marché du travail à l’échéance de leur contrat d’apprentissage (59%)

Situation 7 mois après la fin de l’apprentissage

• 61% des apprentis travailleurs handicapés sont en emploi contre 67% de l’ensemble des apprentis ade niveau V.
- 62% des emplois sont des CDI (69%)
- 50% des emplois sont dans la même entreprise que pour l’apprentissage (38%)
- 77% des emplois sont dans le même secteur que l’apprentissage (72%)
- 82% déclarent avoir un emploi en relation avec leur formation (70%)
- 80% sont des emploi à temps plein (93%)
- 21% disposent d’un revenu net mensuel supérieur à 1000 Euros net par mois (32%)
• 89% des apprentis travailleurs handicapés se déclarent satisfaits de la formation qu’ils ont reçue
• 68% de ceux qui ont signé un contrat de travail citent la formation par apprentissage comme l’un des principaux atouts pour trouver un emploi

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SOMMAIRE

11.09.2005

Apprentissage accompagné (9) : chiffres du bilan 2004-2005

Suite de la série de billets sur lle dispositif apprentissage accompagné GRAFIC Bretagne (SOMMAIRE).

 GRAFIC Bretagne, la suite de l'histoire

Bilan GRAFIC Bretagne,
dispositif apprentissage accompagné ou apprentissage adapté,
pour la période 2004-2005.

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Situation géographique des accompagnements
313 apprentis accompagnés sur l’ensemble de la région Bretagne : Côtes d’Armor, 58 ; Finistère, 86 ; Ille & Vilaine, 81 ; Morbihan, 97.

Apprentis par genre
Malgré une légère progression du nombre d’apprenties filles : 68 (21%), il y a toujours un maximum d’apprentis garçons : 254 (79%).

Apprentis par origine «scolaire»
L’origine des apprentis est définie ici comme étant le dernier établissement fréquenté. Deux origines sont prépondérantes : Institut Médico Educatif (IME) : 121 ; Section d’Enseignement Général Professionnel Adapté (SEGPA) : 125.
Les autres origines : Collège, lycée, Maison Familial Rural (MFR) : 13 ; Lycée Professionnel : 11 ; Etablissements déficients sensoriels (essentiellement des jeunes déficients auditifs) : 6 ; EREA : 6 ; UPI : 6 ; Centre d’Aide par le Travail (CAT) : 5 ; Divers (Atelier Protégé, Classe Préparatoire à l’Apprentissage (CPA), Pré-pro séctorielle, Mission Générale d’Insertion (MGI), … : 14.

Apprentis et situation de handicap

92,2% ont une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé délivrée par la COTOREP et 7,8% ont bénéficié une notification CDES avec orientation vers un apprentissage adapté.

Métiers préparés

Les 313 apprentis accompagnés se répartissent dans 60 métiers situés principalement dans 5 secteurs d’activités : BTP : 31% ; Hôtellerie restauration : 30% ; Agriculture (principalement en travaux paysagers) : 20% ; Mécanique : 8% ; Hygiène des locaux : 4% ; et divers : 5%.

Centre de Formation des Apprentis (CFA)
Les 313 apprentis accompagnés ont suivi leur formation dans 28 CFA situés en Bretagne et 5 situés hors région Bretagne pour 10 d’entre eux.


DES RÉSULTATS


Ruptures du contrat d’apprentissage
Cela concerne 32 apprentis (10%). Il n’y a pas d’écart significatif entre les ruptures en deuxième année d’apprentissage : 14, et en première année : 18.
Situation de ces 32 jeunes au 31 juillet
en recherche d’emploi : 11 ; de nouveau en formation : 5 ; ont signé un contrat de travail : 6 ; déménagement : 3 ; sont en soins ou à l’armée : 3 ; sans nouvelles : 4.

Résultats au CAP
156 apprentis accompagnés ont passé les épreuves et 3 ne se sont pas présentés : 80 ont obtenu le CAP complet ; 5 uniquement le domaine professionnel ; 66 ne l’ont pas obtenu ; pour 5 apprentis les résultats ne sont pas encore connus. Cela représente 53% de réussite à l’examen pour les résultats connus.
Situation de ces 159 jeunes au 31 juillet
signature d’un contrat de travail : 44 ; poursuite de la formation : 37 ; prorogation du contrat pour une troisième année d’apprentissage (redoublement de la deuxième année) : 29 ; sont en recherche d’emploi : 44 ; divers : 5. Ces chiffres ne sont qu’indicatifs car une grande partie des apprentis ne sont pas encore à l’échéance de leur contrat d’apprentissage.

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SOMMAIRE

08.09.2005

Apprentissage accompagné (8) : conclusion provisoire

Huitième billet de la série sur le dispositf apprentissage accompagné GRAFIC Bretagne (INTRODUCTION SOMMAIRE).


Conclusion provisoire

Venant en complément du dispositif de droit commun : apprentissage, le dispositif spécifique handicap : apprentissage accompagné GRAFIC Bretagne, laisse entrevoir qu’il semble y avoir eut une réponse adaptée à la problématique posée, avec notamment mais pas seulement, la compensation d’un manque de «pré requis» scolaire paraissant insurmontable. Les jeunes apprentis ont apparemment comme dénominateur commun : un «très grand retard scolaire» avec une exclusion précoce (début du primaire) de «l’école ordinaire».
Cet arrêt sur image n’est qu’une base de départ, un éclairage sur un dispositif «marginal», qui m’est apparu indispensable avant de poursuivre l’aventure de ce blog.
Monographie GRAFIC Bretagne
Vous pouvez compléter la connaissance du dispositif GRAFIC Bretagne en téléchargeant en pdf cette monographie du dispositif réalisée en première année de formation DUPITH : GRAFIC Bretagne Monographie.pdf
medium_monographie_grafic.jpg


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SOMMAIRE

07.09.2005

Apprentissage accompagné (7) : regards croisés

Septième billet de la série sur le dispositf apprentissage accompagné GRAFIC Bretagne (INTRODUCTION SOMMAIRE).

 
Comme pour l’apprentissage, dispositif de droit commun, un regard «différent» doit permettre d’approfondir notre connaissance du dispositif apprentissage accompagné GRAFIC Bretagne. Ce regard croisé présente quatre points de vue : GRAFIC Bretagne en tant que communication officielle de la structure au travers du bilan sorti pour le dixième anniversaire en septembre 2003 ; celui de l’équipe GRAFIC tel qu’il se dégage du travail sur le projet d’établissement, en avril 2002 (synthèse des six journées de réflexion/formation collectives autour d’une redéfinition du projet GRAFIC) ; celui de l’audit du cabinet GESTE en septembre 2000 (Martine LEYGUES, Jérôme LION, «Evaluation de GRAFIC», Geste, novembre 2000. Cet audit est une commande de l’AGEFIPH et du Conseil Régional de Bretagne) ; et enfin celui de la synthèse CATALYS en 1999 («Appui Conseil ARTT - GRAFIC Bretagne - Synthèse / Diagnostic Restitution aux salariés et à la direction», CATALYS Ingénierie de formation et de développement, 1999).
Dans la mesure du possible les textes ont été conservés proches de l’écriture originale afin de ne pas dénaturer le propos, seuls quelques condensés ont été pratiqués.



LES POINTS FORTS

GRAFIC Bretagne : des résultats surprenants, étonnants

Des résultats surprenants, le nombre important de jeunes en situation de handicap ou d’inadaptation intégrant le dispositif alors qu’il n’y en avait que très peu inscrits dans des parcours qualifiants avant 1992 ; des résultats étonnants, 48 % obtiennent le CAP complet et 8 % le domaine professionnel ; la variété des métiers préparés, près de 80 depuis 1992 ; la réussite de l’insertion des jeunes en aval ; son réseau de partenaires sur la Bretagne.


L’équipe GRAFIC : les exclus peuvent suivre un parcours qualifiant

L’innovation centrale est constituée par la preuve au fil des ans que les jeunes exclus peuvent suivre un parcours qualifiant ; la reconnaissance régionale qui, à travers la diversité de ses actions, en fait un acteur incontournable dans le secteur du handicap ; la qualification de ses personnels, compétents, impliqués, responsables.


CATALYS : problématique précise, invention d’un métier

GRAFIC doit son existence à l’identification d’une problématique précise : remédier aux difficultés d’insertion professionnelle par l’apprentissage, pour une population spécifique (jeunes présentant un handicap mental). Il s’agit par excellence d’une activité de niche, sur laquelle GRAFIC s’est placé en spécialiste. Il a inventé son métier, en bordure et ou en interface des dispositifs de formation traditionnels de l’apprentissage et de l’éducation spécialisée.


GESTE : un soutien adapté

Le dispositif est un soutien adapté, global et personnalisé pour les jeunes apprentis TH déficients intellectuels légers. L’action est fortement appréciée par tous les acteurs rencontrés (CFA, entreprises, IME, CAP EMPLOI, ....). Les taux de réussite à l’examen (CAP) et d’insertion professionnelle quoique inférieurs, logiquement, à ce qui est observé pour les jeunes de niveau V, peuvent être considérés comme satisfaisants.



LES POINTS FAIBLES


GRAFIC Bretagne : difficile mobilisation des autres acteurs

Le dispositif nécessite une importante mobilisation et implication des acteurs, GRAFIC, mais aussi de tous ses partenaires dans les trois phases amont, pendant et aval sur la Bretagne.


L’équipe GRAFIC : comment montrer autre chose que des chiffres

Des financements insuffisants, une partie du travail effectué n’est pas financé. En amont du dispositif, des jeunes sont en situation de handicap et disqualifiés scolaires. Comment communiquer en faisant remonter autre chose que des chiffres ?


GESTE : risque de dérive vers des jeunes «seulement» en difficultés

L’origine du public pris en charge s’est sensiblement diversifiée depuis sa création, avec une part croissante de jeunes provenant du milieu ordinaire. Les CFA relèvent la présence d’un grand nombre de jeunes de niveau V cumulant des difficultés scolaires et sociales qui, selon eux, sont aussi importantes que celles qui sont rencontrées par les jeunes reconnus travailleur handicapé (TH). En l’absence de mesures de soutien adaptées pour ces jeunes en difficulté, l’existence d’un dispositif comme GRAFIC pourrait être à l’origine d’une dérive : inciter les jeunes à se faire reconnaître TH pour pouvoir bénéficier du support de GRAFIC pendant leur apprentissage. Jusqu’à présent, la prise en charge des jeunes par le réseau CAP emploi à leur sortie de l’apprentissage (et donc du dispositif) n’est pas suffisamment adaptée aux jeunes ayant été encadrés de façon très étroite.



SOUHAITS ET PRÉCONISATIONS

GRAFIC Bretagne : une idée qui doit continuer à faire son chemin

L’évolution des mesures en faveur des personnes handicapées, intégrées dans les mesures de droit commun dans une logique de compensation du handicap, ne doit pas faire oublier que nous sommes dans une politique d’alternative au milieu protégé et que seuls des moyens adaptés peuvent permettre à ce public d’intégrer durablement le milieu ordinaire. L’apprentissage accompagné une idée qui doit continuer à faire son chemin.


L’équipe GRAFIC : investir dans la recherche et l’innovation

Le dispositif doit devenir plus technique : homogénéité du nombre d’apprentis sur les quatre départements ; plus de travail inter IME, inter CFA, inter SEGPA ; plus de coordination. Le dispositif doit devenir plus futuriste : investir dans la recherche et l’innovation pédagogique.


CATALYS : rechercher l’équilibre financier

Atteindre le seuil critique (financier), rechercher des activités complémentaires, étendre le dispositif sur toute la Bretagne, assurer des prestations de services à des associations.


GESTE : ne pas s’éloigner de son public Travailleur Handicapé (TH)

Conserver le dispositif d’accompagnement des jeunes déficients intellectuels légers apprentis TH et centrer son action sur les jeunes TH, son public naturel. Débattre de la problématique des jeunes TH et des conditions de reconnaissance TH (COTOREP, AGEFIPH, Région Bretagne). Mettre en œuvre des moyens de prise en charge des jeunes en difficulté dans le cadre des CFA. Renforcer chacun des opérateurs de l’insertion des jeunes TH sur ses propres missions et champs d’intervention. Mettre en place une enquête de suivi des jeunes après la sortie du dispositif.

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SOMMAIRE

06.09.2005

Apprentissage accompagné (6) : accompagnement


Sixième billet de la série sur le dispositf apprentissage accompagné GRAFIC Bretagne (INTRODUCTION SOMMAIRE).
 

Comme déjà dit dans différents billets, l’accompagnement est individualisé ; néanmoins il comporte divers temps formalisés et contractualisés permettant une action collective ou individuelle et des temps informels dit d’urgence, comme l’indique le terme employé, qui ne sont ni programmés ni prévus mais laissés à la libre appréciation de l’accompagnateur. Chaque apprenti dispose d’un référent accompagnateur unique qui, dans la mesure du possible, le suivra pendant toute la durée de son apprentissage, dans tous les volets du dispositif tel qu’il est présenté ci-dessous (la stabilité sur un an est le minimum recherché).

Le suivi professionnel

Formellement il doit y avoir six à sept visites en entreprise dans l’année donnant lieu à un compte-rendu écrit, soumis à l’apprenti lors de la journée de soutien et envoyé à l’entreprise puis transmis au CFA. En pratique, le rythme des visites est fonction de l’évolution de l’apprenti et de l’importance des difficultés rencontrées, néanmoins il est recommandé même lorsqu’il n’y a pas de problèmes apparents de faire des visites régulières permettant de devancer des conflits non exprimés. Le compte-rendu écrit est une procédure impérative, permettant également d’informer les équipes éducatives ou médicales sollicitées au cas par cas, de passer le relais à la fin du contrat, d’être un élément de contrôle de l’action des accompagnateurs. Les comptes-rendus sont transmis au secrétariat par Internet, ils sont uniformisés dans leur présentation et regroupés dans un recueil annuel consultable par tous.
Le déroulement de la visite est laissé à la libre appréciation de l’accompagnateur qui s’adapte à la situation. Le cas générique est un rendez-vous pris par téléphone pour une courte rencontre sur le lieu de travail en présence de l’apprenti et de son maître d’apprentissage. L’objectif étant d’avoir une bonne évaluation de la situation et d’instaurer ou de soutenir le dialogue entre l’apprenti et son responsable, le fil conducteur est toujours le maintien de l’apprenti dans son projet qualifiant. La visite est également, par son rythme régulier, un des moyens utilisés pour vérifier la pertinence de la poursuite du contrat qui peut être arrêté à tout moment par une rupture amiable si une incompatibilité apparaît et perdure du fait de l’entreprise ou de l’apprenti (il y a en moyenne moins de 10 % de ruptures chaque année).

Le soutien à la formation

Il est conventionnel entre l’apprenti, l’entreprise et GRAFIC Bretagne, et prend la forme d’une journée par semaine prise sur le «temps employeur» de l’alternance. Une journée de soutien, c’est un groupe d’environ douze apprentis rattachés à un même lieu (proche de leur domicile) et à un même accompagnateur. Du fait des alternances CFA, ils sont entre six et neuf à être présents chaque semaine de septembre à juillet, ce qui représente, compte tenu de la souplesse du dispositif, des arrêts de travail, des congés etc, environ vingt journées par apprenti dans l’année.
C’est un temps rythmé qui permet à l’apprenti de partager et de confronter ses expériences avec d’autres, de découvrir parfois qu’il n’est pas le seul à avoir des difficultés. La variété des métiers et des situations provoque naturellement des interrogations et le mélange des années de formation donne de l’importance aux plus anciens et de l’aide aux nouveaux. Au-delà du «bien-être» de l’apprenti, l’objet de cette journée est multiple : répondre aux demandes de l’entreprise exprimées ou ressenties lors des visites, apporter un soutien individualisé aux difficultés scolaires en reprenant et anticipant les notions abordées lors des alternances CFA. Cette journée a donc un contenu variable, vaste et multiforme, le fil conducteur étant le maintien du jeune apprenti dans son projet professionnel.

L’accompagnement médico psycho éducatif
L’accompagnateur n’ayant pas ces compétences, va chercher de l’aide lorsque des problèmes éducatifs, sociaux ou médicaux surviennent. Il sollicite d’autres professionnels et d’autres structures. Si l’apprentissage peut continuer, son action devient partenariale et coordinatrice, comme par exemple dans l’histoire d’Anne : de la SEGPA à serveuse de restaurant.
 
Le suivi de la formation CFA
L’organisation formelle : un référent GRAFIC est mis en place dans chaque CFA, il est en contact régulier avec le référent «handicap» du CFA, il est le coordinateur pour toutes les actions collectives. Il peut également servir d’interface pour un accompagnateur GRAFIC éloigné géographiquement. Découlant de l’accord Etat-Région une convention est signée avec chaque CFA et pour chaque apprenti. Elle définit les modalités contractuelles de collaboration entre les CFA et GRAFIC Bretagne : échanger sur les contenus ; aménager des rencontres trimestrielles accompagnateurs enseignants afin de permettre un bilan individuel de l’apprenti accompagné ; transmettre les comptes-rendus des visites en entreprise effectués par l’accompagnateur GRAFIC ; mettre en œuvre tout moyen visant à favoriser le déroulement du parcours de l’apprenti sur le volet «scolaire» de la formation en alternance.
Au-delà de cette formalisation permettant un socle de base, la collaboration entre les formateurs CFA et l’accompagnateur GRAFIC est organisée au cas par cas et prend des formes diverses en fonction de la qualité des rapports pouvant être variables mais toujours retravaillés afin d’être efficaces lorsque les difficultés de l’apprenti imposent une relation plus étroite. Exemple : fournir les photocopies des cours qu’il n’a pu prendre du fait d’une écriture lente ou qu’il ne peut relire du fait d’une écriture illisible ; donner en avance d’une alternance des informations qui permettent de devancer des notions pour un meilleur suivi du cours, reprendre un contrôle non compris, finir un dessin etc. La collaboration des CFA et des enseignants peut être encore plus impliquée lorsque, pour l’aménagement du dispositif en fonction des caractéristiques de la situation de handicap des apprentis sourds, l’accompagnateur GRAFIC assiste aux cours et sert d’interface entre le jeune et le formateur.

Le suivi examen
Un travail est entrepris dès la première année sur les représentations de l’apprenti et de son entourage, en insistant sur des éléments objectifs : le système de notation qui donne la priorité aux épreuves professionnelles en leur accordant des coefficients de dix voire plus, alors qu’ils sont de un ou deux pour les matières d’enseignement général ; les préparations des épreuves tout au long des deux ans lors de la journée de soutien, et les révisions avec trois journées au plus proche de l’épreuve ; la possibilité pour les apprentis non-lecteurs ou dont l’écrit n’est pas lisible d’avoir un aménagement des conditions d’examens (un référent en coordonne l’organisation pratique).

La sortie du dispositif apprentissage accompagné
Le financement de l’action GRAFIC Bretagne s’arrêtant avec la fin du contrat d'apprentissage (contrat de travail en alternance), l’organisation formelle est une préparation en amont de l’échéance suivie d’un passage de relais avec l’organisme adapté à la situation et au projet du jeune, en général un Cap Emploi. En pratique si cette procédure fonctionne sous forme de rencontres sur le lieu de soutien en amont de l’échéance, des exceptions existent allant dans le sens d’un prolongement plus ou moins actif du suivi dans le temps par le référent, cela a été relevé par le cabinet GESTE (audit 2000). Les ruptures, en cours de contrat, restent limitées à moins de 10 % ce qui est à comparer aux «25 % tous secteurs confondus» du dispositif de droit commun.

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SOMMAIRE

03.09.2005

Apprentissage accompagné (5) : entrer dans le dispositif

 

Cinquième billet de la série sur le dispositf apprentissage accompagné GRAFIC Bretagne (INTRODUCTION SOMMAIRE).

 

LES CONDITIONS D'ENTRÉES

Trois conditions sont indispensables à l’entrée dans le dispositif. Elles sont des préalables conventionnels, néanmoins la pratique accepte quelques aménagements.

Avoir signé un contrat d’apprentissage
Des éléments clés sont sous-entendus derrière ce qui peut apparaître comme une formalité : le travail en amont validé par l’entreprise, l’accord partenarial est contractuel entre le jeune et l’entreprise, le volet formation des alternances CFA est connu et accepté par les deux parties, l’ambition diplômante est un projet commun, le statut du jeune devient celui d’un salarié. Cette obligation est respectée à la lettre, elle conditionne toute l’action de l’apprentissage accompagné GRAFIC Bretagne. La signature peut être l’aboutissement d’un partenariat en amont et l’occasion d’un passage de relais, cette procédure est encouragée.

Avoir l’accord de l’entreprise et de l’apprenti
Contractualisé par la signature d’une convention entre les trois parties (entreprise, apprenti et GRAFIC), pour la journée de soutien effectuée sur le temps de travail, chaque semaine de l’alternance en entreprise. Cette condition est également un préalable indispensable, mais elle intervient après une explication voire une négociation, le partenariat en amont peut l’avoir préparée.

Être reconnu travailleur handicapé

Avoir une Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) ou une notification CDES avec orientation vers un apprentissage accompagné, cette deuxième possibilité est valable uniquement pour la première année d’apprentissage. Je reviendrai sur les problèmes posés par cette condition, signalons seulement qu’elle n’est pas dans les faits un préalable puisque dans la pratique la notion de «en cours» est acceptée pour l’entrée provisoire dans le dispositif.


L'ACCUEIL DANS LE DISPOSITIF APPRENTISSAGE ACCOMPAGNÉ

L’accueil est voulu progressif et préparé en amont, c’est la raison d’être des actions de sensibilisation, information, mobilisation réalisées. Deux types génériques d’accueil sont repérables, «le relais» et celui que l’on peut qualifier de «en cours».

L’accueil «relais»
Concerne la quasi-totalité des entrées originaires des établissements médico-éducatifs. Organisé ponctuellement avec les prescripteurs orienteurs, il est recherché mais encore trop rare avec les jeunes sortant des établissements de l’Éducation Nationale (SEGPA, EREA, ...). Sa forme est variable en fonction des besoins du jeune et de la demande de la structure d’origine. Il peut être progressif et étalé dans le temps, débutant en amont de la signature du contrat et se prolongeant par un partenariat sur le volet médico psycho éducatif, ou bien, à l’autre extrémité, être minimaliste en se limitant à la communication d’un nom avant le repérage CFA.

L’accueil «en cours»
Concerne les apprentis repérés par le CFA. La procédure est variable en fonction du degré de partenariat entre GRAFIC et l’organisme de formation, nous verrons plus loin que l’audit du cabinet Geste le présente comme source de dérive. On constate dans le temps trois niveaux de repérage par le CFA, lors de la demande d’information, à la réception du dossier d’inscription, après le début de la formation. Le référent GRAFIC a pour consigne d’accélérer la procédure et de chercher à limiter l’importance de la liste des «potentiels». Lorsqu’un nom est transmis, le référent procède à un certain nombre de vérifications qui peuvent être résumées ainsi : relecture du dossier d’inscription et appel du directeur de l'établissement d’origine pour confirmer ou non la pertinence de la demande ; lorsque les éléments recueillis semblent confirmer une situation de handicap, un référent prend en charge le dossier : il contacte l’entreprise et la famille (ou le service éducatif) ; des rendez-vous sont pris pour étudier le cas plus en profondeur, éventuellement, à l’issue de ces entretiens, il est proposé l’entrée dans le dispositif. Lorsque toutes ces conditions sont réunies, il est apporté une aide au montage du dossier COTOREP (cette procédure a été codifiée sur le Morbihan lors de réunions tenues dans le cadre de la réforme des COTOREP). Enfin le jeune, devenu apprenti, qui a été rencontré une ou plusieurs fois au CFA, dans l’entreprise, ou parfois à son domicile est accueilli sur le lieu de soutien.

 

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SOMMAIRE

 

01.09.2005

Apprentissage accompagné (4) : organisation générale du dispositif

Quatrième billet de la série sur le dispositf apprentissage accompagné GRAFIC Bretagne (INTRODUCTION SOMMAIRE).
 
Aujourd’hui le dispositif «apprentissage accompagné», appelé aussi «apprentissage adapté», a atteint sa maturité autant dans sa couverture géographique régionale que par le nombre d’accompagnements annuels. Cette nouvelle situation de stabilité des effectifs imposée par les financeurs va poser des problèmes différents que nous découvrirons au fur et à mesure de l’évolution de ce blog dans le temps. Pour la suite de cette série de billets sur l’apprentissage accompagné, le choix est celui d'un «arrêt sur image» correspondant au dispositif tel qu’il était à l'ouverture de l'année scolaire 2004-2005.

Organisation générale
La couverture de l’ensemble de la Région Bretagne est maintenant réalisée. La répartition géographique des sites, leurs finalités, leurs caractéristiques répondent à plusieurs logiques : vocation régionale, qui est un engagement conventionnel avec la Région et l’AGEFIPH, et lfonctionnement et évolution du dispositif avec ses impératifs de gestion des ressources humaines et financières. La vocation régionale exige une répartition des sites sur les différents départements bretons : Côtes d’Armor, Finistère, Ille & Vilaine et Morbihan. Les impératifs conventionnels, précisés oralement au directeur par la Région, imposent de rechercher un hébergement de préférence dans les CFA, le Programme Régional pour la formation professionnelle des Personnes Handicapées précisant :
«Sous réserve que les dispositifs actuels soient suffisants, il ne sera pas créé de nouveaux lieux d’accueil ou de formation spécifique : des partenariats pourront êtres développés avec les structures spécialisées existantes».
Le fonctionnement du dispositif apprentissage accompagné, impose de rapprocher les lieux de soutien des apprentis car une part non négligeable de la «situation de handicap» des jeunes apprentis est le peu de mobilité. Il demande également de la souplesse pour s’adapter aux variations quantitatives (nombre d'accompagnés) qui sont en progression, mais peuvent régresser ou subir localement des variations saisonnières. Les autres logiques pouvant être contradictoires, cette situation est gérée avec prudence.

Les ressources humaines

L’originalité de l’action et l’éparpillement géographique régional des moyens humains imposent de la créativité dans la gestion. Le cadre légal est celui de la convention collective d’un organisme de formation, les dénominations contractuelles étant : comptable, directeur, formateur et secrétaire. Mais ce qui caractérise l’équipe apprentissage accompagné c’est l’hétérogénéité du profil de ses membres, repérable par des variables : sexe, âge, qualification, compétences et parcours professionnel.
«Les intervenants GRAFIC ont des formations diversifiées - psychologues, conseillers en économie sociale et familiale, éducateurs (...) doublées d’une expérience du travail social et ou du secteur du handicap» (audit GESTE, 2000).
La structure hiérarchique formelle est : un directeur subordonné à un conseil d’administration et des salariés, subordonnés au directeur ; ponctuellement des dispositions intermédiaires de coordination sont initiées. Le fonctionnement quotidien repose sur une approche du travail et des temps privilégiant responsabilité et autonomie dans un cadre balisé par des unités d’œuvres. Le contrôle repose sur l’observation d’indicateurs fonctionnant à partir des données remontant régulièrement vers la base administrative centralisée.

De nombreux partenaires
GRAFIC Bretagne est née d’une logique partenariale puisque c’est une association issue de la volonté des établissements spécialisés bretons d’avoir une action commune. Conçu en accord avec ses financeurs et les décideurs institutionnels, le dispositif repose également sur une logique de réseau comme le précise son directeur :
«Ce dispositif s’inscrit dans une logique de réseau avec de multiples acteurs : établissements spécialisés, enseignement adapté, centres de formation des apprentis, entreprises mais aussi les services éducatifs, les COTOREP, les Cap Emploi, etc.» (Bredoux, 2002).
Dans la pratique ce partenariat est permanent, le cabinet GESTE repère deux niveaux d’actions : ceux qui sont situés dans le cadre de la mission de base et un autre qui est une fonction de sensibilisation et de mobilisation prolongée par une présence régulière auprès des acteurs concernés. Dans le fonctionnement quotidien ou saisonnier, il y a dans l’organisation interne de GRAFIC trois strates de relations : l’information sensibilisation, la coordination et l’accompagnement. Elles sont pratiquées par chaque salarié en fonction des stratégies adoptées en réunion d’équipe et des tâches confiées mais également dans l’opportunité du moment et des surprises de l’accompagnement.

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SOMMAIRE


31.08.2005

Apprentissage accompagné (3) : dix années d’évolution

Troisième billet de la série sur le dispositf apprentissage accompagné GRAFIC Bretagne (INTRODUCTION SOMMAIRE).


Évolution du dispositif apprentissage accompagné
Le 3 juin 1994 est signée une convention cadre tripartite État Région AGEFIPH, confirme le rôle de GRAFIC sur le volet apprentissage. L’année 1995 voit la mise en place d’un aménagement du dispositif pour le suivi de jeunes sourds, accompagnement spécifique proposé en partenariat avec le centre Gabriel Deshayes à Auray dans le département du Morbihan. En 1996 GRAFIC est agréée comme structure de coordination pour l’accompagnement médico psycho éducatif des jeunes apprentis sortant des établissements spécialisés.
L’évolution du nombre d’apprentis est continue, mais cache des disparités départementales importantes. L’Ille & Vilaine, où se trouve le siège, atteint à la rentrée 1996 le nombre de 56 apprentis. Cet effectif sera atteint plus tard dans les autres départements : 1997 pour le Morbihan, 2001 pour le Finistère et 2003 dans les Côtes d’Armor. Chaque département à une évolution propre, par exemple le Morbihan continue sa progression pour atteindre un nouveau palier autour de 90 apprentis dès la rentrée 1999. Cette évolution, imprévue, est confirmée en 2003 par un mouvement à la hausse de tous les départements, elle aboutit en 2004 aux 1000 apprentis suivis depuis l’origine. Les financeurs demandent à GRAFIC de ne pas dépasser un «quota» d’environs 300 apprentis suivis, par année scolaire, et d’équilibrer entre les départements. La progression des effectifs du dispositif a été accompagnée d’un développement des implantations d’antennes et de lieux de soutien, ainsi que d’un renforcement progressif de l’équipe GRAFIC.
 
Évolutions de l’association GRAFIC Bretagne
Afin d’équilibrer son budget, tout en disposant d’une équipe administrative minimum mais indispensable à la bonne marche de l’ensemble, diverses actions ponctuelles ou durables seront entreprises. Ne sont citées ici que les principales, toutes ayant des implications avec le dispositif apprentissage accompagné et ses partenaires : RELAIS 35 est une association qui a pris le relais (en 1996) de PROPH35 créée en 1994, son action se situe en aval du dispositif apprentissage. elle fusionne avec GRAFIC en novembre 2004 ; le Dispositf Préparatoire à l’Apprentissagee (DPA), action en amont représentant 20 % des entrées en 2000, s’arrêtera définitivement par arrêt du financement en 2002 ; la participation à des actions du Fonds Social Européen (FSE) avec notamment la mise en place d’un collectif Inter IME permettant des rencontres avec les personnels des établissements spécialisés du secteur médicosocial et la conception de médias papier : le journal T’CAP, les plaquettes GRAFIC Info, les monographies sur les métiers et la création du site Internet GRAFIC Bretagne ; une étude de faisabilité d’un Groupement d’Employeur pour l’Insertion et la Qualification (GEIQ) sur le département 35 (2001/2002) ; à Vannes, en partenariat avec la Mission Locale et les CFA du site des Métiers création des Pré-Pro bâtiment et métiers de bouche.
 

30.08.2005

Apprentissage accompagné (2) : genèse du dispositif

Deuxième billet de la série sur le dispositf apprentissage accompagné GRAFIC Bretagne (INTRODUCTION SOMMAIRE).

 

Quelques éléments généraux

Les lois sur le handicap de 1975 (n° 75-534 et n° 75-535) ont déjà plus de quinze années d’existence et d’autres textes sont venus les compléter. Ces textes ont sans aucun doute alimenté la réflexion des promoteurs du projet et sont des éléments déclencheurs de la création de l’association GRAFIC Bretagne. «La création de GRAFIC s’inscrit dans le cadre de la refonte des annexes 24» (Bredoux, 1999)

La refonte des annexes XXIV qui vise notamment les établissements médicosociaux, instituts médicopédagogiques (IMP) et instituts médico-professionnels (IMPRO), prenant en charge les adolescents et jeunes adultes présentant une déficience intellectuelle. On note par exemple que l’article 8, spécifie que l’établissement assure l’accompagnement de l’insertion sociale et professionnelle de l’adolescent à sa sortie sur une durée minimum de trois ans. En résumé, ces nouvelles annexes XXIV tiennent compte de l’évolution de la conception du handicap, précisent l’objectif de la prise en charge, obligent les établissements à élaborer un projet pédagogique, éducatif et thérapeutique servant de cadre au projet individualisé du jeune. Enfin, tous les établissements ont l’obligation de se mettre en conformité aux normes fixées dans un délai de trois ans, sous peine de ne plus être agréés.

La création de l’Association de Gestion du Fonds pour l’Insertion Professionnelle des Handicapés (AGEFIPH). La loi n° 87-517 du 10 juillet 1987 en faveur de l’emploi des travailleurs handicapés, fixe dans ses articles L. 323-8-2, L. 323-8-3 et L. 323-8-4 les règles de sa création et lui définissent ses missions. L’AGEFIPH sera l’un des principaux financeurs, avec le Conseil Régional de Bretagne et la Caisse Régionale d’Assurance Maladie (CRAM), du dispositif d’accompagnement de l’apprentissage en Bretagne.

La politique de décentralisation, malgré le non au référendum organisé par le Général de Gaulle en 1969, a été poursuivie, elle a ici une incidence par le transfert des compétences de l’État à la Région dans le domaine de la formation professionnelle.

En 1990 nous sommes dans le deuxième septennat (1988-1995) de François Mitterrand. Le ralentissement de l’activité économique se poursuit, les demandeurs d’emploi qui étaient 2 millions en 1982 atteindront le chiffre de 3 millions en 1997 soit plus d’un actif sur dix. Cette situation touche en priorité les salariés les plus fragiles et les moins formés. Cette conjoncture remet en cause l’emploi et l’insertion sans un minimum de qualification, elle a une incidence importante sur la réussite des sorties en milieu ordinaire de travail, des jeunes des établissements du secteur médicosocial, car ces derniers, trouvaient traditionnellement un emploi dans les entreprises implantées localement, or certaines disparaissent, et les autres n’embauchent plus de salariés sans un minimum de formation.

La COTOREP est, depuis la loi d’orientation de 1975, le passage obligé pour entrer dans le champ institutionnel du handicap, son fonctionnement en commissions départementales est source de différences d’appréciations et de décisions en fonction du département. La loi d’orientation sur l’éducation de 1989 est à l’origine de nouveaux dispositifs d’enseignement, les uns dits intégrés lorsqu’ils s’adressent aux élèves handicapés, les autres adaptés quand ils concernent les élèves qui présentent de grands retards scolaires.

Création de l’association GRAFIC Bretagne
Les établissements de l’éducation spécialisée bretons réalisant des sorties en milieu ordinaire sont les premiers initiateurs de ce projet. Les quelques jeunes sortants, qui avaient pu signer un contrat d’apprentissage ayant rapidement subi une rupture du contrat, ces structures se demandaient comment valider et professionnaliser les formations internes et rendre accessibles les formations qualifiantes existantes. Ayant connaissance d’expérimentation sur d’autres régions, notamment de CFAS , elles décident de se regrouper pour mettre en œuvre une action de ce type. En avril 1992, vingt-cinq établissements médicosociaux bretons créent une association, sous statuts loi de 1901, dénommée GRAFIC Bretagne.
 
Création du dispositif apprentissage adapté
Au dernier trimestre 1992, alors que pointe déjà l’idée d’intégrer les jeunes en milieu ordinaire, une enquête sur la faisabilité d’un centre de formation pour apprentis spécialisé (CFAS) est lancée, avec le Service Apprentissage de l’Inspection académique de Rennes, auprès des IME et de 45 SEGPA afin de faire une estimation des jeunes potentiels. Les résultats de cette enquête indiquent qu’il y a 40 jeunes d’IME et environ 80 de SEGPA dénombrés par les structures, ce repérage est complété d’une demande des IME de 63 plateaux techniques, ce qui implique une formation de mise à niveau pour une partie des éducateurs techniques. Le Conseil Régional de Bretagne, au regard de ces demandes, n’est finalement pas favorable à la création d’un CFAS et confirme son intérêt pour le projet en milieu ordinaire.

En 1993, l’écriture du projet est réalisée par Daniel Bredoux en liaison étroite avec les directeurs d’établissements les plus impliqués. Le public concerné est repéré, ce sont des jeunes déficients intellectuels légers sortant d’un établissement médicosocial, préparant en amont leur sortie notamment par la construction d’un projet professionnel débouchant sur de longs stages en entreprise ordinaire, n’ayant pas ou peu de problèmes physiques, mais un retard scolaire important pouvant aller jusqu’à l’illettrisme. L’élément clef ou déclencheur est la reconnaissance par l’entreprise de qualités permettant la signature du contrat d’apprentissage, la validation est faite par le professionnel qui, dans le cadre du contrat, va devenir le maître d’apprentissage. A partir de ces éléments, le projet se construit sur une individualisation de l'accompagnement du jeune apprenti par un réfèrent, dans les trois volets ayant une incidence sur un contrat d’apprentissage : l’entreprise, le scolaire, l’environnement.

«Quels sont les différents pré-requis pour entrer en apprentissage ? Il n’y en a pas de fixés pour éviter tout risque d’enfermement. La démarche est le contrat d’apprentissage signé. Quels sont les facteurs qui ont entraîné l’adhésion des établissements ? Nous avons repéré trois facteurs : l’accompagnement de l’insertion, l’accompagnement dans l’entreprise, l’accompagnement médico psycho éducatif» (Bredoux 1999)

Les vingt cinq premiers apprentis intègrent le dispositif apprentissage adapté durant l’année scolaire 1993-1994.
 

28.08.2005

Apprentissage accompagné (1) : introduction

SOMMAIRE

GRAFIC Bretagne - dispositif apprentissage accompagné
Apprentissage accompagné (1) : introduction
Apprentissage accompagné (2) : genèse du dispositif
Apprentissage accompagné (3) : dix années d’évolution
Apprentissage accompagné (4) : organisaion générale
Apprentissage accompagné (5) : entrer dans le dispositif
Apprentissage accompagné (6) : accompagnement
Apprentissage accompagné (7) : regards croisés
Apprentissage accompagné (8) : conclusion provisoire

GRAFIC Bretagne - la suite de l'histoire
Apprentissage accompagné (9) : chiffres du bilan 2004-2005
Apprentissage accompagné (10) : pour quelle insertion ?



GRAFIC Bretagne
dispositif apprentissage accompagné

INTRODUCTION

Premier billet de la série sur le dispositf apprentissage accompagné GRAFIC Bretagne.

Quelques précisions

J’ouvre ici une nouvelle série de billets qui doit, au même titre que celles sur l’apprentissage historique le handicap, l’accompagnement, permettre : de poser les fondements de la réflexion sur l’action du dispositif d’accompagnement GRAFIC Bretagne ; de donner des pistes, d’être la base référente pour un lecteur entrant sur ce blog par un billet d’actualité. L’ensemble de ses éléments sont légèrement remaniés par rapport au mémoire DUPITH "Apprentissage accompagné ... Des exclus de l'école dérangent !" d’origine pour s’adapter aux contraintes et surtout possibilités d’un blog. Les motivations et références de cette publication sont visibles en utilisant le lien « à propos ».
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Les choix faits
Je connais le dispositif «apprentissage accompagné» ou «apprentissage adapté» GRAFIC Bretagne pour être salarié, depuis 1997, de l’association qui le gère, néanmoins j’ai ici pris le parti de privilégier les informations provenant d’une étude des textes : «officiels» de communication de la structure (les bilans de 1996 à 2004 et les différents documents publiés) et externes (document de synthèse/diagnostic réalisé par un cabinet conseil en vu d’un accort ARTT (1999) ; document de rendu d’un audit d’évaluation (2000) ; divers documents, de synthèses de journées de réflexion, produit par des intervenants extérieurs à l’association). Afin de compléter ses sources ou préciser un point particulier, j’ai également utilisé mes notes personnelles prises au jour le jour et lors d’entretiens sur le sujet avec différents acteurs et notamment le directeur.

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