10.08.2005

Anne, apprentissage accompagné (11) : épilogue

L'histoire d'Anne de la SEGPA à serveuse de restaurant

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Juin, les épreuves se sont bien passées

Anne est en forme, elle pense avoir réussie les épreuves du CAP, elle a trouvé cela facile et elle n’était pas stressée. Je suis également confiant car ces derniers mois, elle a fait des progrès spectaculaires dans les matières scolaires, et surtout elle a bien mémorisé les cours de technologie, y compris ceux de sa longue période d’absence. Monsieur et Madame Guéven sont de plus en plus satisfait, tout est organisé pour qu’un contrat d’embauche prenne la suite de l’apprentissage, mais il faut attendre les résultats.


Juillet, le CAP est réussi

Anne qui a maintenant 20 ans a réussi son CAP restaurant. Elle est contente et satisfaite de continuer avec monsieur et madame Guéven. La signature du CDI doit avoir lieu dans la semaine. Le CAP EMPLOI m’appelle, quelques jours après, pour m’indiquer que le contrat est maintenant conclu.


Juillet, rencontre avec Anne

Peu de temps après qu’elle a commencé son nouveau contrat de travail, j’ai rencontré Anne à sa demande. Anne voulait me dire qu’elle était finalement satisfaite de cette situation alors qu’elle avait au départ plutôt envie de faire une formation complémentaire Bar en changeant d’entreprise. Elle a maintenant pour projet de rester un ou deux ans dans l’entreprise pour assainir sa situation financière personnelle et consolider son curriculum vitae, solution que nous avions envisagée lors des journées de soutien.


Quelques nouvelles d’Anne

Depuis cette « histoire », plus de deux années ont passé, je n’ai pas revu Anne, mais j’ai eu de ses nouvelles par le CAP EMPLOI et plus récemment par une de ses amies que j’accompagne pendant son apprentissage.
Anne a quitté le restaurant après, pas tout à fait deux années, c’est elle qui a démissionné car elle ne supportait plus une « collègue’ , elle est retournée au CAP EMPLOI pour être aidé dans la recherche d’un autre employeur. Elle a finalement abandonné le stage sans laisser de nouvelle au désespoir de la formatrice qui trouvait que tout allait bien et n’a pas compris cette « fuite ». Son amie m’a depuis, expliqué qu’elle avait déménagé pour habiter avec son compagnon car elle était enceinte et qu’elle avait récemment accouché. Son ami ayant un travail Anne pense s’occuper de son bébé avant de reprendre un emploi dans un restaurant.


09.08.2005

Anne, apprentissage accompagné (10) : proposition d''embauche en CDI

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Mai

Depuis la dernière visite monsieur et madame Guéven ont proposé à Anne de rester dans l’entreprise à l’issue de son contrat d’apprentissage en signant un CDI.

 

Anne accepte la proposition d’embauche

Consciente qu’elle avait besoin de travailler quelques années pour consolider ses compétences et gommer ses dernières difficultés, comme le manque de constance qui apparaît notamment par des oublis sur des tâches quotidiennes, par exemple le nettoyage de la machine à verres. Anne a accepté la proposition et elle est, en accord avec ses patrons, partante pour effectuer un redoublement de sa deuxième année d’apprentissage si elle ne réussit pas le CAP.


Encore des progrès

Les qualités soulignées par monsieur et madame Guéven sont, sa disponibilité, son courage et sa volonté mais aussi sa compétence dans le service. Des clients habitués du restaurant ont remarqué et souligné son évolution et la qualité de son accueil.


Organisation de l’échéance du contrat

Les résultats de l’examen n’étant pas attendus avant la fin de la première semaine de juillet et le contrat arrivant à échéance le 2 juillet, je prendrais contact avec le CAP EMPLOI afin qu’il puisse conseiller l’entreprise sur la procédure à suivre car la décision du redoublement ou de l’embauche est tributaire des résultats. Si le résultat est positif le CAP EMPLOI s’occupera du contrat d’embauche avec l’entreprise, s’il est négatif je m’occuperais avec l’entreprise de la réinscription pour la troisième année d’apprentissage. Cette organisation est importante car Anne est encore « fragile » et comme la majorité des apprentis accompagnés, elle aurait des difficultés à accepter une période d’attente entre deux contrats. Il y a toujours le risque d’une mauvaise compréhension de la situation avec des conséquences plus ou moins inatendues comme une disparition pur et simple « je croyais que mon patron ne voulait plus de moi ».

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08.08.2005

Anne, apprentissage accompagné (9) : des qualités rares

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Avril

J’ai rendez-vous au restaurant en l’absence d’Anne qui est au CFA, monsieur et madame Guéven désirent me rencontrer sans attendre son retour. J’arrive à l’heure prévue, comme chaque fois, c’est au moment où le service vient de se terminer, la salle et la cuisine étant en place pour le suivant. C’est visiblement un moment de détente et de débriefing pour monsieur et madame Guéven, alors que le personnel se change pour la pose de l’après-midi.


Une proposition importante

Monsieur et madame Guéven me rassurent rapidement, ils sont impressionnés par l’évolution d’Anne. Elle continue sa progression, les difficultés graves de la première année semblent n’être qu’un lointain souvenir, mais leur rappel souligne les progrès accomplis dans le comportement et le travail. Ils constatent que s’il reste des lacunes et des faiblesses, Anne fait preuve de qualités rares, comme la constance dans l’effort, la disponibilité et la compréhension face aux problèmes inhérents à ce type d’activité, comme la variabilité imprévisible de la charge de travail. Ils insistent surtout sur le potentiel de confiance que l’on peut lui accorder. A ce moment, monsieur Guéven, prend un ton plus solennel pour m’indiquer que cette reconnaissance les amène à envisager l’embauche d’Anne à l’issue du contrat, mais qu’ils ne savent pas comment le lui annoncer et si je pense qu’elle va accepter ! Ils sont également inquiets car ils ont peur que cette annonce la démotive avant l’examen en lui faisant penser qu’elle est maintenant au niveau. Après un échange où sont mis en parallèle les « risques » et les points positifs que peut engendrer cette annonce, nous convenons qu’ils informent Anne dès son retour du CFA.


07.08.2005

Anne, apprentissage accompagné (8) : encore des difficultés, bonne réaction.

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Encore quelques difficultés

Depuis la dernière visite en octobre, j’ai été régulièrement en contact avec l’entreprise notamment pendant les «petites rechutes» du mois de décembre et de janvier où Anne s’est laissé déborder par des problèmes extérieurs à l’entreprise, mais qui ont eu des répercutions sur son apprentissage : manque d’attention pendant le service, «elle est ailleurs», et surtout des retards injustifiés. Ces moments ont été difficiles pour Anne, du fait de la pression du travail qui ne permet pas d’attendre pour réagir.


Réaction adaptée

Anne a montré qu’elle sait maintenant : repérer ce qui ne va pas et rechercher de l’aide auprès des personnes qualifiées pour lui en apporter. Elle semble avoir compris, que pour son moral la meilleure «thérapie» est actuellement de limiter les demande d’arrêts de travail, non pas de complaisance, mais «parce que je vais pas bien». Cela bien évidemment n’empêche pas ceux qui sont dus à un accident pendant le service comme une coupure à la main.


L’intégration devient positive

Anne paraît avoir, avec l’aide de ses patrons, trouvé un réel équilibre dans son intégration dans l’entreprise. Ses patrons apprécient son courage et sa disponibilité, ils constatent qu’elle fournit maintenant un travail utile, elle n’est plus une charge pour le service. Ils regrettent qu’elle fasse encore des erreurs surprenantes qui semblent êtres dûs à un manque de confiance qui devrait s’améliorer avec le temps.


Une compétence imprévue !

Monsieur Guéven ajoute qu’elle est également capable de faire des tâches complémentaires, elle repasse ses chemises mieux que son épouse, et madame Guéven confirme cette «compétence transversale» !

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06.08.2005

Anne, apprentissage accompagné (7) : changement complet

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Des progrès dans tous les domaines

Monsieur et Madame Guéven sont très satisfaits, et le disent à Anne. Il y a eu un changement complet dans le comportement et le travail depuis un mois. Ceci confirme ce qu’indiquait Anne lors des journées de soutien. Les progrès ont eu lieu dans tous les domaines : meilleure gestion de son temps privé, sorties et sommeil. Elle n’est plus fatiguée lorsqu’elle arrive le matin, fait attention à sa présentation, montre moins de «timidité».
Accès à un apprentissage ordinaire
Cela se traduit par un meilleur accueil du client, plus d’erreurs répétitives comme pendant l’été et donc une bonne qualité du service. Ce changement a encouragé Monsieur et Madame Guéven à être de nouveau «exigeant» afin que Anne puisse reprendre son parcours vers une intégration ordinaire. Ils sont satisfaits de sa progression, mémorisation des menus, des cocktails, etc.


Objectif CAP, ou troisième année d’apprentissage

Anne a maintenant besoin d’être aidée pour récupérer les cours des alternances CFA qu’elle n’a pu suivre durant la première année. Elle doit pouvoir préparer son CAP dans de bonnes conditions. Tout en sachant qu’une réussite à l’examen serait un exploit au vu des problèmes personnels rencontrés, ayant entraîné une si longue absence tant en entreprise qu’au CFA, depuis le début de son apprentissage. Une troisième année de formation ne serait pas un échec mais un complément lui permettant d’acquérir des compétences en adéquation avec ses capacités qui semblent importantes. L’entreprise fermant jeudi pour ses congés, Anne ne viendra pas à la journée de soutien afin de participer à la fermeture du restaurant.

 

 

 

 

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05.08.2005

Anne, apprentissage accompagné (6) : elle a tenu la saison

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Une arrivée tendue

Visite début septembre, après la «saison» qui est une période de pleine charge dans la restauration. Passer ce cap est déjà un «exploit» pour une apprentie serveuse en difficulté. Je ne suis pas tranquille lorsque j’ouvre la porte du restaurant, car au téléphone, j’ai senti de la lassitude chez madame Guéven. Le service est terminé, je dis bonjour à Anne et sa patronne, nous nous asseyons à une table préparée pour la visite.


Un début positif

Madame Guéven indique qu’après la dernière visite, comme convenue, elle a accompagné Anne dans les magasins pour choisir ses vêtements de travail. Elle souligne que cela a porté ses fruits, car Anne semble avoir apprécié et être plus à l’aise devant le regard de la clientèle. Après cette entame, monsieur Guéven qui vient de finir le nettoyage de la cuisine nous rejoint et l’on en vient au cœur du problème.


Ce n’est pas encore le top

Anne n’a toujours pas une tenue impeccable, par exemple, elle oublie de repasser son chemisier. Son comportement est parfois difficile, elle pleure rapidement à la moindre contrariété ou remarque, pour Anne, cela n’est pas grave mais elle n’arrive pas à se maîtriser. La régularité également n’est pas bonne, son travail n’est pas constant en qualité, elle peut faire d’importantes erreurs plusieurs fois de suite. Par exemple enlever la bouteille de vin avant la fin du repas en enlevant l’assiette. Le contact client est important et Anne, apparemment timide, n’ose «approcher», parle tout bas, alors qu’elle doit l’accueillir à la porte et l’accompagner jusqu’à sa table. Elle a toujours du mal à gérer sa vie privée, ses sorties qui engendrent de la fatigue n’améliorant pas la qualité de son service. D’une manière générale, ses patrons soulignent que leur demande est moins exigeante que pour une apprentie «ordinaire». Cela n’empêche pas Anne d’être souvent «limite» dans son comportement et la réalisation des tâches demandées.


On positive

Durant cet échange, Anne a la larme à l’œil. Elle accepte les remarques et acquiesce lorsque je rappelle, l’effort de l’entreprise pour l’aider à passer des moments difficiles, l’implication des divers services sociaux qui ont œuvré pour qu’elle ait un logement juste à côté du restaurant et des compléments financiers lui permettant d’être autonome. Cette «charge», permet à monsieur et madame Guéven de terminer en positivant : la saison c’est difficile pour toute l’équipe, Anne n’a pas eu que des mauvais moments et elle a toujours montré de la motivation pour son travail.

Anne semble avoir conscience que tout ceci est fragile, qu’il faut qu’elle «s’accroche» pour que son apprentissage puisse aller à terme.


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04.08.2005

Anne, apprentissage accompagné (5) : la vie est difficile

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Une jeune fille brillante

Lors d’une journée de soutien Anne, en très grande forme, a conquis son auditoire en détaillant, expliquant la carte du restaurant. Sa description et sa fougue font que plats et cocktails et autres friandises nous sont servis dans un éblouissant service virtuel donnant à tous l’envie de venir goûter à la cuisine de son chef.

Difficile d’être constante en entreprise

Il y a eu un net mieux en entreprise, mais cela n’a pas duré, et depuis une semaine cela ne va plus du tout. Madame Guéven constate que le travail de Anne manque de régularité et qu’elle peut refaire quinze fois la même erreur puis ne plus la faire et recommencer. Ceci est éprouvant pour l’encadrement surtout en saison.

Incursion de la vie privée dans l’entreprise
Madame Guéven remarque également que l’ont voit le matin qu’elle est encore fatiguée... Les sorties !! Anne habite maintenant son nouveau logement, à deux pas du restaurant, et il semble qu’elle ne sache pas «refuser». L’autre apprentie de l’entreprise n’est, de ce point de vue, pas un bon exemple. Elle écoute trop ses «amis» et ne dort pas assez. Anne est très touchée par ces remarques et pleure abondamment. Elle dit se rendre compte de ses erreurs, de ne pas faire ce qu’il faut. Elle confirme, ne pense pas assez au travail et trop aux soirées, mais elle est influençable et n’arrive pas à refuser.

Une image de soi pas encore au top

Tout cela est amplifié par ses tenues qui ne la valorisent pas, surtout lorsqu’elle n’en prend pas soin. Il faut être impeccable, c’est important pour l’image du restaurant mais également pour soi. Elle doit avoir deux jupes et cinq chemisiers faciles à entretenir, qu’elle lave et laisse sur place. Les vêtements de travail restent au restaurant pour pouvoir se changer quand il faut. Madame Guéven lui propose de l’accompagner pour la conseiller dans ses achats.

Des conseils …
Après cette visite j’accompage Anne à un rendez-vous avec sa nouvelle éducatrice. Anne veut continuer et réussir son apprentissage. Pour cela elle doit écouter les conseils de sa patronne, lui faire confiance. Une saison c’est un peu comme «une épreuve sportive», tout écart est «sanctionné» par une diminution de la performance. Pour supporter le rythme, Anne doit mettre de la rigueur dans son emploi du temps, dans son organisation journalière.

02.08.2005

Anne, apprentissage accompagné (4) : la reprise du travail

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Une reprise pleine de contrastes, mais bon comportement

Comme convenu Anne a repris le travail début juin à la réouverture de l’entreprise après une période de fermeture pour congés. Lors de cette visite Anne n'est pas présente car elle est déjà en alternance CFA. La reprise est contrastée, Monsieur et Madame Guéven font le constat suivant :
motivation et comportement, c’est bien, Anne met beaucoup de bonne volonté à écouter et essayer de bien faire son service, son moral semble bon.
Au travail par contre, sa longue absence ne lui a évidemment pas permis de progresser et toutes ses difficultés et lacunes apparaissent fortement. Elle ne semble pas mémoriser les tâches simples et répétitives, par exemple, malgré la répétition de la consigne, enlever le pain lorsque la table en est au dessert, est problématique. Elle peut le faire correctement 20 fois de suite puis ne plus le faire 30 fois de suite. Elle a du mal dans ses déplacements et n’est pas assurée dans ses gestes ce qui provoque une casse importante de verres. Elle ne mémorise pas le contenu de la carte ou les éléments du cocktail (offert) ce qui la met en difficulté face aux questions des clients. Elle a du mal à déchiffrer les textes du menu et prononce mal certains termes courants comme des noms de produits ou de plats. Son vocabulaire pauvre la met en difficulté pendant le service. Elle ne sait pas s’habiller et porter ses vêtements, son aspect n’est pas net, aussi bien par le fait qu’elle ne sait pas choisir des habits la mettant en valeur, que par sa façon de les mettre et de se tenir. Elle a beaucoup de mal à écrire, notamment les mots courants du vocabulaire professionnel.
Monsieur et Madame Guéven ne sont pas découragés, ils apprécient la volonté de Anne de vouloir réussir. Il est donc convenu d’utiliser les deux prochaines journées de soutien pour reprendre avec elle sa vision de son travail, les éléments qui le constituent et reviennent le plus souvent (carte, explication de plats, les ingrédients d’un cocktail, ...).
Un bilan sera fait en entreprise avec Anne dans une quinzaine de jours pour mieux cerner les points importants où elle pourrait rapidement s’améliorer afin de lui donner plus de confiance en elle.

01.08.2005

Anne, apprentissage accompagné (3) : une longue hospitalisation

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Rencontres avec le personnel hospitalier

Afin d'informer sur sa situation professionnelle, J'ai pris contact et rencontré les assistantes sociales des trois établissements où Anne a été successivement prise en charge. J'ai ainsi pu expliquer qu’elle était en apprentissage et que l’entreprise attendait son retour, cette information a étonné et intéressé mes différents interlocuteurs.Cela a notamment favorisé qu'elle soit encouragée à rendre de courtes visites à l'entreprise dès que cela fut possible.

Une entreprise prête à attendre

Un contact régulier a eu lieu avec l’entreprise afin de la rassurer et de pouvoir répondre à une évolution de la situation d'Anne. Monsieur Guéven est conscient que l’arrêt peut être long, il aimerait pouvoir l’aider et accepterait, si l’évolution de Anne le permet, une reprise progressive du travail. Il est persuadé qu’elle a toutes les qualités requises pour ce métier. Les impératifs de l’entreprise poseront problème début juillet car s’il n’y a pas d’évolution à cette date, il devra envisager l’embauche d’une autre apprentie. Même dans ce cas Monsieur Guéven est prêt (dans la limite des contraintes de l’entreprise) à étudier les solutions favorables à son rétablissement.

Une sortie préparée par étapes

Après une première rencontre encouragée par le médecin, nous sommes retournés voir Anne et lui avons apporté des cours du CFA pour qu'elle reprenne contact avec son apprentissage. Puis le personnel médical a été interressé par la possibilité qu'offrait la journée de soutien organisée dans le cadre de l'accompagnement, et elle a été autorisée à venir cette journée en demi-journée pour reprendre contact avec les autres apprentis et préparer son retours en entreprise et au CFA

 

 

Enfin la sortie et la reprise de l'apprentissage

La bonne évolution de l'état et du comportement d'Anne mais aussi par le fait qu'elle était attendue par son entreprise, a encouragé le personnel médical à envisager une sortie. Il a été mis en place un suivi éducatif pour l'aider à s'organiser dans sa vie privée en coordination avec l'accompagnement de l'apprentissage et Anne a repris avec beaucoup d'émotion et de motivation sa place dans le restaurant, Monsieur et Madame Guéven étant très satisfaits de ce retour.


31.07.2005

Anne, apprentissage accompagné (2) : le trou noir

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Décès de son père

Décembre - Anne débute donc en soutien un jour de décembre sans que j’ai rencontré ses patrons. Elle est motivée par ses cours, montre une bonne compréhension et un bon raisonnement. Elle a d’importantes lacunes scolaires, mais son niveau est tout à fait compatible avec un CAP. Son attitude est agréable, souriante et communicante, s’intégrant bien avec le groupe déjà constitué.
Au début du mois de janvier Anne m’apprend le décès de son père, elle pleure, mais indique vouloir continuer à venir à la journée de soutien. Son assistante sociale appelle pour exprimer son inquiétude.


Hospitalisation d’urgence

Je suis prévenu par les services sociaux de l'hospitalisation d'urgence d'Anne, qui a fait une tentative de suicide.


Première visite en entreprise

Janvier – Lors de cette première visite à l’entreprise, l’arrêt maladie n’est pas encore arrivé à l’entreprise. Madame Guéven est étonnée et inquiète de cette hospitalisation. Elle nous dit qu’elle n’avait rien remarqué, si ce n’est qu’Anne s’était disputée avec son frère et que le foyer où elle loge ne voulait plus d’elle du fait de son comportement, ce qui risquait de lui poser un sérieux problème de logement.
Madame Guéven indique qu’zu début de son apprentissage, Anne était très renfermée, timide, mal habillée.
Elle lui a demandé de mettre une jupe et un chemisier, ce qu’elle a accepté sans faire de remarques. Durant les mois qui ont suivis, elle était en constante progression : elle parle, est à l’aise en salle avec les clients, travaille avec application et beaucoup de bonne volonté malgré des difficultés persistantes de mémorisation (il faut lui répéter souvent la même chose) mais durant la période de Noël qui est un moment difficile pour le service, elle à montrée qu’elle était capable de se mobilisé et dans ce contexte, elle fonctionne bien et fait du bon travail.

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