05.02.2006

Matelot en CDI, Simon doit se reprendre

Après son apprentissage de SEGPA MGI à matelot marin pêcheur, suite de l’histoire de Simon (SOMMAIRE).

Un appel téléphonique.
Monsieur Le Bihan le patron de Simon m’a appelé en fin de semaine dernière car il ne comprenait pas l’absence de Simon, depuis plusieurs jours, alors qu’il devrait être au travail. On sent de la lassitude car monsieur Le Bihan revient sur les difficultés rencontrées pendant l’été après la signature du contrat de travail prenant la suite du contrat d’apprentissage.
J’essaie d’avoir Simon sur son portable, mais je n’ai que son répondeur et il ne me rappelle pas pendant le week-end.

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Apprentissage : histoire de Simon apprenti matelot

Apprentissage accompagné
Suite de billets écrits à partir des notes prises lors de l’accompagnement de Simon pendant la durée de son contrat d’apprentissage pour un CAP matelot (marin pêcheur). Simon était en SEGPA avant son apprentissage et a préparé avec la MGI la signature du contrat d’apprentissage.

1 présentation
2 première rencontre
3 futur bon matelot ?
4 le CFA fait défection
5 première alternance CFA
6 échapper au CFA
7 une nouvelle menace
8 l’apprentissage continue
9 ah le CFA !!
10 une dernière chance …
11 dernier effort avant l’été
12 le temps des bilans intermédiaires
13 en pêche, un bon été
14 un emploi à l’horizon
15 des plus et des moins
16 préparatifs pour le CAP
17 CAP ou pas CAP
18 matelot marin pêcheur

Après l’apprentissage
L’accompagnement s’arrête avec la fin du contrat d’apprentissage, mais des évênements peuvent réactiver un accompagnement ponctuel. Simon est de ceux là.

19 Matelot en CDI, Simon doit se reprendre

21.10.2005

Apprentissage accompagné, Simon (18) : matelot marin pêcheur

L’histoire de l’accompagnement de l'apprentissage de Simon de SEGPA-MGI à Matelot, est un récit à suivre. (SOMMAIRE)

Juillet 2005

Et voilà, Simon est matelot marin pêcheur

A la demande de monsieur Le Bihan je passe voir Simon. Comme «prévu» il n’a pas réussi le CAP mais, et c’est une victoire pour lui, il a réussi à obtenir le certificat comme quoi il a bien suivi la formation en école maritime. Le Cap Emploi a bien fait son travail et le CIE a pu être signé rapidement, il n’y a pas eu de coupure entre les deux contrats. Monsieur Le Bihan est satisfait car pour lui Simon a appri le nécessaire pour être un bon matelot et il espère simplement qu’il va se calmer pour les sorties nocturnes de l’été.

Simon plaisante en disant qu’il regrette de ne plus aller aux CFA des Sables d’Olonne.


20.10.2005

Apprentissage accompagné, Simon (17) : CAP ou pas CAP

L’histoire de l’accompagnement de l'apprentissage de Simon de SEGPA-MGI à Matelot, est un récit à suivre. (SOMMAIRE)

Simon presque autonome

Comme convenu le patron a emmené Simon à Nantes pour l’épreuve de survie, ils m’ont appelé avant d’arriver au Lycée Maritime que j’avais prévenu et qui donc avait prévu d’accueillir Simon et de lui trouver un lit pour la nuit afin qu’il puisse prendre le train le lendemain pour aller au CFA des Sables d’Olonne.
Le lendemain, un appel de Simon m’apprend qu’il est à la gare de La Roche-sur-Yon en attente de la navette pour Les Sables. Son examen s’est bien passé, il est confiant et indique qu’il apprécie le voyage. Il me veut me rassurer en m’assurant qu’il fera l’alternance en entier.

Une famille inquiète mais heureuse

En juin je me rends une fois encore au domicile de Simon. Il a maintenant passé toutes ses épreuves et son contrat d’apprentissage arrivant à échéance à la fin du mois, il faut préparer l’avenir tout en n’ayant pas encore les résultats du CAP. Ses parents n’en reviennent pas que son patron propose de prolonger le contrat pour une troisième année s’il a échoué ou une embauche s’il a réussi. Ils sont partant pour l’année supplémentaire, mais je sens Simon plus que réticent, ce qui l’incite à nier la réalité en voulant persuader qu’il l’a réussi. Je ne veux pas casser l’ambiance et l’histoire du lièvre et de la tortue est l’image que je trouve pour valoriser Simon (le lièvre) mais faire comprendre qu’il a démarré un peu tard.

Il faut tout prévoir
Juin - Monsieur et madame Le Bihan sont persuadés qu’une troisième année serait un plus pour Simon mais qu’il ne tiendra pas. La marine a ses propres règles et nous avons découvert que l’échec au CAPM n’était pas le couperet que l’on pensait pour pouvoir embarquer. Depuis le mois de janvier, il est possible d’obtenir un certificat de scolarité dans une école maritime si on obtient entre 5 et 10 à toutes les épreuves et qu’il n’y a pas de 0. Ce certificat étant le minimum obligatoire pour avoir le droit d’être inscrit sur le rôle du navire et devenir ainsi un inscrit maritime. Nous gardons la troisième année sous le coude, mais nous allons faire comme si Simon avait réussi ce minimum, ce qui semble plus que probable.
Je préviens donc le Cap Emploi pour qu’il prenne contact avec l’entreprise en vu d’un contrat initiative Emploi en CDI. Ils sont prévenus que le résultat arrivera juste à l’échéance de l’apprentissage et qu’il faut qu’il n’y ait pas de temps de latence, Simon pouvant se démotiver et ne pas comprendre les subtilités administratives.

19.10.2005

Apprentissage accompagné, Simon (16) : préparatifs pour le CAP

L’histoire de l’accompagnement de l'apprentissage de Simon de SEGPA-MGI à Matelot, est un récit à suivre. (SOMMAIRE)

Mars 2005

Toujours des difficultés dans le travail à terre

Monsieur Le Bihan souligne la bonne attitude et le bon travail de Simon lorsqu’il est embarqué, mais il faut qu’il progresse dans le travail à terre où il a toujours tendance à se relâcher et à ne pas faire ce qui est demandé avec l’autonomie et donc la conscience professionnelle nécessaire. Il doit mettre les mois qui viennent à profit pour rectifier ce comportement dommageable pour son employabilité dans le métier qui comporte toujours des tâches à terre (préparation, rangement, entretien…).

Véritable changement d’attitude au CFA
Simon est capable maintenant de «tenir» des alternances complètes au CFA en respectant les horaires de début et de fin de semaine. Il dit s’intéresser aux cours et avoir des résultats qui s’améliorent… Le CAP approche, il faut s’y mettre «à fond».

Organisation du déplacement pour une épreuve du CAP

Cette visite a également pour objectif de préparer avec Simon l’organisation de son déplacement à Nantes lundi et mardi pour l’épreuve de survie du CAP. Il a rendez-vous : lundi à 9h et mardi à 8h au Lycée Maritime à Nantes puis il faut qu’il soit mercredi à 8h aux CFA des Sables d’Olonne. Il est convenu que Monsieur Le Bihan l’emmène en voiture lundi et qu’il serait plus pratique et moins onéreux qu’il reste sur Nantes lundi soir, qu’il prenne le train pour les Sables mardi après-midi (le Lycée où il est hébergé est prévenu de son arrivée par le CFA). Simon indique qu’il n’est plus pressé de rentrer lorsqu’il est au CFA et qu’il doit pouvoir montrer qu’il est maintenant capable d’assumer ce type de déplacement.
Je passe ensuite chez les parents de Simon pour que cette organisation soit bien claire. Son père qui travaille lundi et mardi ne pouvait pas s’en occuper sa mère n’a pas de permis de conduire, Ils sont d’accord avec le programme proposé et la mère de Simon précise qu’elle vérifiera que son sac contient les affaires pour la semaine.
Il est également convenu que j’appelle lundi matin le lycée de Nantes pour qu’il aide Simon à trouver un lieu d’hébergement pour lundi soir.


18.10.2005

Apprentissage accompagné, Simon (15) : des plus et des moins

L’histoire de l’accompagnement de l'apprentissage de Simon de SEGPA-MGI à Matelot, est un récit à suivre. (SOMMAIRE)

Février 2005

Le travail est moins bon à terre
En entreprise l’évolution de Simon est toujours satisfaisante pour le travail en mer, il a sa place sur le bateau. C’est plus difficile pour les activitées à terre surtout lorsqu’il doit pouruivre seul une tâche débutée en équipe. La compréhension des consignes n’est pas toujours parfaite, les initiatives pas toujours cohérentes avec ce qu’il y a à faire et surtout le rythme est nettement plus lent que lorsqu’il est entouré. Ces remarques concernent le travail de préparation du matériel de pêche, mettre la boëte (appats) dans les casiers, préparer les fillières, il a notamment des difficultés à compter et mémoriser le nombres d’engins de pêche à préparer. Monsieur Le Bihan souligne néanmoins l’évolution de Simon, qu a mûri depuis le début de son apprentissage, il est moins gamin, mais il lui reste de nets progrès à faire et son évolution est lente.

Réunion au CFA, il y a du mieux
Au CFA la situation est toujours difficile, Samuel n’arrive pas à avoir de la constance dans sa motivation. Une réunion a été organisé avec tous les intervenants du CFA et Simon. Cela a permis la mise en commun des points de vue et finalement il est apparu qu’Il était bien perçu et qu’il avait récemment commencé à convaincre les formateurs qu’il disposait de plus de moyens qu’évalué. Son bon comportement en salle est certainement une des raisons de l’apparente motivation des formateurs pour l’aider à réussir. Simon accepte toutes les remarques et promet de poursuivre ses efforts. Il montrera dans les jours suivants qu’il est maintenant capable de faire ce qu’il dit, puisqu’il ira au bout de cette alternance sans tomber malade.

Des doutes sur la réussite à l‘examen
Réussir le CAP n’est pas acquis, et une troisième année d’apprentissage doit être envisagée en cas d’échec car il serait dommage qu’il ne concrétise pas dans le scolaire ce qu’il a montré en entreprise et pour travailler dans de bonnes conditions dans la pêche il est important d’avoir une qualification sanctionnée par un diplôme. Les mois qui viennent étant décisifs je rencontre sa famille pour motiver et encourager son entourage à l’aider, la troisième année est également évoquée mais si elle rencontre l’intérêt des parents, Simon ne semble pas vouloir en entendre parler.



17.10.2005

Apprentissage accompagné, Simon (14) : un emploi à l’horizon

L’histoire de l’accompagnement de l'apprentissage de Simon de SEGPA-MGI à Matelot, est un récit à suivre. (SOMMAIRE)

Octobre 2004

Toujours bien sur le bateau

Monsieur Le Bihan est toujours satisfait du travail de Simon qui a parfaitement sa place sur le bateau. Il a acquis des connaissances, est plutôt bon, voire «doué» et aime ce qu’il fait en montrant de la motivation dans le travail. Simon est véritablement sur son projet et Monsieur Le Bihan assure qu’il trouvera du travail comme marin pêcheur. Il serait néanmoins intéressant voir indispensable qu’il puisse obtenir les diplômes valorisant les connaissances montrées avec son maître d’apprentissage.

Difficile d’être apprenti matelot en Bretagne

Monsieur Le Bihan est par contre particulièrement en colère face aux problèmes administratifs que pose le fait d’avoir pris un apprenti. La marine en Bretagne ne semble pas avoir compris qu’il puisse y avoir un apprenti pêcheur et il est confronté à des «tracasseries» qui perturbent son travail. Par exemple lors d’un contrôle des affaires maritimes on le soupçonne de faire travailler clandestinement Simon puisqu’il est à bord à une époque où les élèves des écoles maritimes locales sont en cours. Un contact avec un responsable de cette administration, confirme que les hommes du terrain n’ont pas connaissances de la possibilité de «tomber» sur un apprenti.

Les difficultés persistent avec le CFA
L’éloignement du CFA des Sables d’Olonne, pose toujours quelques problèmes à Simon qui rentre chez lui dès qu’il y a une difficulté. Simon est encore «tombé malade» pendant la dernière alternance et il a été rapatrié chez ses parents. Les contacts téléphoniques avec les responsables permettent de redresser en partie la situation d’autant qu’il y a quand même des progrès dans son attitude avec les formateurs. Ses parents et Simon lui-même semblent de plus en plus conscients qu’il faut réagir et limiter au maximum les arrêts maladies pendant les alternances CFA.


16.10.2005

Apprentissage accompagné, Simon (13) : en pêche, un bon été

L’histoire de l’accompagnement de l'apprentissage de Simon de SEGPA-MGI à Matelot, est un récit à suivre. (SOMMAIRE)



Septembre 2004

Bon travail pendant l’été

Monsieur Le Bihan est satisfait de la progression de Simon, il a bien assimilé les différentes tâches à accomplir sur le bateau, notamment pour la pêche à la crevette et il est agréable de travailler avec lui. Il réagit rapidement à la demande et «croche dedans», «il connaît son métier». Sur un petit bateau c’est généralement le patron qui est à la barre, mais monsieur Le Bihan laisse régulièrement la prendre pour «faire route» mais aussi pour les manœuvres et il remarque qu’il est maintenant capable«d’apponter».

Les tentations de l’été
Si Simon n’a jamais manqué une journée de travail, il lui est arrivé d’être fatigué car les nuits d’été de la Presqu’île de Rhuys sont mouvementées et tardives du fait notamment des nombreux jeunes de son âge en vacances ou sans travail. Monsieur Le Bihan souligne néanmoins, qu’il doit cette ponctualité à l’embarquement de bonheur le matin, à la prévenance de son père qui le réveille.

Attention CFA le retour
Comme cela avait été vu lors de la dernière alternance CFA avant l’été, il faut qu’il «plonge» dans la formation donnée aux Sables d’Olonne et sache tirer profit de l’attention que lui portent les formateurs. La balle est dans son camp puisqu’il va aux Sables pour trois semaines à partir du 13 septembre. Monsieur Le Bihan insiste fortement pour qu'il comprenne.
 



12.10.2005

Apprentissage accompagné, Simon (12) : le temps des bilans intermédiaires

L’histoire de l’accompagnement de l'apprentissage de Simon de SEGPA-MGI à Matelot, est un récit à suivre. (SOMMAIRE)

Juillet 2004

Où en est-on ?

Nous ne sommes qu’à la fin de la première année d’apprentissage ! Les risques de rupture du contrat ont été annihilés. Une récente visite aux formateurs du CFA m’a permis d’accompagner leur réflexion sur l’année de Simon et ils sont prêts à le retrouver à la rentrée avec les mêmes bonnes dispositions que celles montrées durant la dernière alternance. Simon est motivé et au travail sur son bateau de pêche et je peux donc me consacrer aux obligations de l’accompagnateur.

Le passage obligé d’une CDES à une RQTH
Pour la première année de son apprentissage, Simon a bénéficié d’un avis d’orientation de la CDES, il faut faire le bilan de la «situation de handicap» pour accompagner le dossier de demande de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) à la COTOREP du département (voir les billets apprentissage accompagné). Mieux qu’une grande explication voici le texte original de ce bilan qui doit servir à éclairer la commission qui a en main d’autres éléments comme le dossier médical dont nous ne connaissons que ce que la famille a estimé utile de nous dire :

BILAN - SITUATION DE HANDICAP

• SITUATION
Simon est en fin de première année d’apprentissage CAP Matelot, il est embarqué à la pêche côtière sur un petit bateau (pêche à la journée dans le golf du Morbihan). Simon a dû durant cette première année s’adapter aux défaillances : du CFA de Concarneau ce qui l’a obligé à aller au CFA des Sables d’Olonnes puisqu’il n’y a plus de formation matelot par apprentissage en Bretagne, et à celle de son premier patron (vente du bateau suite à un divorce). Ceci n’a pas facilité son apprentissage et provoqué un stress repérable notamment par des crises asthme lors des alternances CFA. La fin de la première année est encourageante car il a trouvé un bon patron qui a su lui redonner confiance et il a montré lors de la dernière alternance CFA qu’il était capable de la suivre dans sa totalité. Son réfèrent GRAFIC a rendez-vous avec les formateurs pour trouver un moyen d’adapter l’enseignement à ses difficultés.
• HISTORIQUE
Né à Vannes, il a toujours habité son village, Simon a été rapidement repéré pour des retards dans les apprentissages fondamentaux : redoublement du CP et un primaire difficile avec un suivi par une orthophoniste et des périodes en hôpital de jour. Ce primaire chaotique a été suivi d’une orientation en SEGPA où il a été jusqu’en 3e. Mais il n’a pas en SEGPA montré un niveau suffisant pour aller en lycée professionnel ni de capacités dans les stages en entreprise proposés (BTP). Pris en charge par la MGI il a été mis en stage chez un patron pécheur, ses qualités pour ce métier ont étonné car pour sa famille et l’entourage, «le pêcheur» ne pouvait être que son jeune frère dont il dit qu’il ne pourra jamais l’égaler.
• FAMILLE
Elevé en milieu rural par une famille aux moyens limités, père matelot et mère effectuant de petits travaux mais n’ayant pas de permis de conduire (le téléphone est actuellement coupé) Simon du fait de son problème scolaire et de santé (asthme notamment) a toujours été considéré comme un enfant fragile à protéger voir surprotéger par ses parents.
• CFA
Les formateurs sont désemparés par les difficultés de compréhension et les lacunes de Simon, qui a cumulé dans la première partie de l’année les arrêts maladie obligeant à le renvoyer chez lui. Des progrès importants sont intervenus en fin d’année scolaire notamment du fait de la constatation par son patron d’une bonne compréhension à bord du bateau ne correspondant pas aux observations du CFA.
• ENTREPRISE
La défaillance du premier patron a été difficile à supporter par Samuel qui a maintenant trouvé un équilibre dans sa nouvelle entreprise. Le patron est très attentif et valorisant, il a convaincu le CFA qu’il fallait persévérer et qu’il devait pouvoir réussir un CAP indispensable pour embarquer comme matelot.

Le bilan GRAFIC
En fin d’année scolaire, nous devons faire une courte synthèse de chaque apprenti accompagné. Cet «exercice» obligé est l’occasion d’un moment de pose et de réflexion salutaire, car il laisse une trace qui peut être utile par la suite. Ce n’est pas une analyse, c’est seulement un peu plus qu’un «arrêt sur image» comme le sont les comptes-rendus des visites en entreprise. Comme pour la «situation de handicap», je vous livre la version dans son écriture originale :
BILAN PREMIÈRE ANNÉE D'APPRENTISSAGE
Suivi professionnel :
Première année difficile pour Simon qui, après la signature de son contrat, a dû affronter l’annulation de son contrat par retrait du CFA (top peu d’inscrit), puis réinscription dans un CFA de Vendée et reprise du contrat par son patron, ensuite nouvel arrêt du contrat par défaut de l’entreprise (vente du bateau), et enfin reprise du contrat par un autre employeur.
Ces difficultés ont plusieurs fois plongé Simon dans le doute et l’envie de tout arrêter. Mais il s’est accroché et a réussi à montrer, avec son premier patron, qu’il était capable de faire ce métier, et avec le deuxième qu’il pouvait devenir un bon matelot.
Vif, attentif, ayant le sens marin, son patron ne tarit pas d’éloges sur les qualités de Simon pour ce métier.
Soutien à la formation
Simon a toujours été en échec à l’école, il a mis en place tout un système de défenses difficiles à briser, d’autant que les épisodes ci-dessus ont retardé leur perception.
Il a fallu attendre la dernière alternance CFA pour que Simon soit présent dans sa totalité, il avait jusque-là toujours été en retard ou l’avait quitté plus tôt, avec des excuses se rapportant régulièrement à des problèmes de santé (crise d’asthme notamment).
La journée de soutien a suivi le même sort, retards et absence par oubli ou maladie.
En fin d’année Simon a décidé, du fait de la reconnaissance de ses qualités par son patron, de remettre les compteurs à zéro. Il a tout d’abord fait l’effort d’être présent à la dernière alternance CFA aux jours et horaires prévus. Puis il a expliqué qu’il savait mieux lire que ce qu’il laissait paraître depuis plusieurs années… à suivre en deuxième année.


11.10.2005

Apprentissage accompagné, Simon (11) : dernier effort avant l’été

L’histoire de l’accompagnement de l'apprentissage de Simon de SEGPA-MGI à Matelot, est un récit à suivre. (SOMMAIRE)

Mai 2004

Enfin une alternance CFA complète

J’ai été informé par le CFA qu’il avait respecté son engagement en étant présent pendant les 15 jours de l’alternance et qu’il avait montré de la motivation pour les cours. Cette nouvelle attitude n’empêche pas le CFA de s’inquiéter de « ses grandes difficultés de compréhension » qui rendent problématique sa réussite à l’examen : «cette formation a-t-elle un sens ?».
Je vais chercher Simon à la gare de Vannes pour le ramener chez lui en passant par l’entreprise.

Un échange révélateur
Simon est souriant et prêt aux «révélations». Il indique qu’il a compris qu’il devait changer de stratégie (celle qu’il avait depuis longtemps mise au point pour «l’école») pour pouvoir continuer à travailler avec monsieur Le Bihan. Simon explique qu’il a « joué » un personnage ayant peu de compréhension et qu’il a été jusqu’à dire qu’il ne savait pas du tout lire mais qu’aidé par le «prof de gym» (il est bon en sport, joueur de foot dans un club) il a pu montrer aux autres formateurs qu’il n’était pas aussi «idiot» qu’il l’avait fait croire. Tous n’ont pas bien pris cette «révélation», l’accusant de s’être moqué d’eux, mais il dit qu’il a réussi à les convaincre qu’il voulait vraiment aller au bout de sa formation.

Une dernière épreuve pour cette première année

Simon attend que l’on soit chez monsieur Le Bihan pour annoncer qu’il est «puni» et qu’il doit retourner pour trois jours au CFA la semaine prochaine. En fait, ayant raté le stage feu obligatoire, il va aller avec des stagiaires de la formation continue et faire seulement une journée de plus, à la demande du CFA, pour confirmer sa nouvelle attitude. Monsieur Le Bihan, qui a déjà été prévenu, lui donne quelques informations sur ce stage important pour la sécurité. Nous passons ensuite voir sa mère pour préparer les documents qu’il doit emmener pour le stage et bien préciser qu’il n’y aura pas de raisons valables pour qu’il ne puisse y être présent.


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